Masse critique sur fond de répression policière

Ce soir, comme à chaque dernier vendredi du mois, avait lieu l'événement Masse critique. J'y participais pour la première fois depuis près de deux ans. Pour une fois que le moment concordait avec un moment où je suis disponible et où je n'étais pas épuisé par mon horaire de travail parfois débile, j'étais bien heureux de faire un retour. Et à la différence de mes dernières participations, il y avait beaucoup de participant(e)s! À l'époque on pouvait être aussi peu que vingt, ce soir je crois ne pas exagérer en affirmant qu'une centaine de cyclistes y ont pris part.

L'itinéraire improvisé nous a fait visiter le centre-ville, pour ensuite nous mener vers la rue Mont-Royal. Les hostilités avec nos amis les cochons ont débuté après un arrêt au coin de Saint-Denis et Mont-Royal, où nous avons paralysé l'intersection en s'y arrêtant en plein milieu. Chant de slogans, levée de vélos, et quelques minutes plus tard nous nous remettions en route. Personne n'en est mort, surtout pas les automobilistes.

Un peu plus loin, des voitures de police ont commencé à nous suivre et nous mettre de la pression lorsque leurs occupants jugeaient notre vitesse insuffisante. Que ce soit en avançant rapidement vers nous, ou en nous agressant sonorement avec les sirènes, nos amis les cochons ont fait grouin grouin à coeur joie. Nous ne nous sommes pas gêné(e)s pour faire des arrêts dans d'autres intersections, mais les policiers se faisaient de moins en moins tolérants. Sur la rue du Parc, alors que nous atteignons la rue des Pins, nous avons dù nous comprimer pour entrer sur les deux voies d'une piste cyclable, ce qui n'a pas empêché nos cochons adorés de nous suivre en voiture sur la piste et de continuer à nous agresser. Une petite escale sur le terrain de l'Université McGill nous a permis de les garder à l'écart quelques instants, mais ils ont recommencé à nous coller dès qu'on a repris la route. Ce n'est que lors d'une nouvelle escale dans le Vieux-Port qu'ils nous ont définitivement foutu la paix. Heureusement, car nous n'étions plus qu'une quinzaine, donc très vulnérables face aux monsieurs en bleu.

Mon expérience passée avec la police, et particulièrement avec son escouade anti-émeutes, m'a fait prendre plaisir à ces hostilités. Mais je sais que ce n'est pas le cas de tous les cyclistes qui ont participé. Je me rappelle cette participante qui, au début, remerciait avec enthousiasme les policiers, mais qui fut vite effrayée par le comportement innacceptable de nos présumés agents de la paix. J'espère de tout coeur qu'elle sera de retour dans un mois et que ces événements ne lui donneront pas la frousse de la désobéissance civile. La répression policière ne peut être tolérée, qu'elle soit effectuée via l'usage de la matraque ou en stressant simplement les victimes.

Malgré tout, j'ai eu bien du plaisir à effectuer ce retour à la Masse critique et à y rencontrer de nouveaux visages. Les anicroches dont je viens de parler ne sauront jamais m'enlever la satisfaction d'avoir repris, l'espace d'un moment, la route qui nous appartient à nous aussi, les cyclistes. À titre d'information, la Masse critique de Montréal se rassemble chaque dernier vendredi du mois à 17h30 au Carré Phillips (coin Sainte-Catherine et Union, en plein centre-ville), et le départ est donné aux alentours de 18h00. Joignez-vous à nous le 25 juillet à 17h30!