L'essence de l'inconséquence

Avec le prix de l'essence qui grimpe encore et toujours, on serait portés à croire que les Québécois(e)s auraient changé leurs habitudes de transport afin de diminuer, au moins un peu, la facture pétrolière. Mais, à la lecture d'un texte de Jean-François Codère publié hier dans le Journal de Montréal (texte intéressant malgré l'infériorité intellectuelle de cette publication), on constate que les Québécois(e)s ont la tête dure même face à leur porte-monnaie.

En effet, en 2007, il s'est vendu 8,4 milliards de litres d'essence au Québec, soit 8,15% de plus qu'en 2006. Cette tendance s'est poursuivie durant les mois de janvier et février 2008 à raison de 1,6% par mois. L'excuse habituelle: transport en commun trop mauvais. Malheureusement, cette excuse n'est vraiment pas toujours fausse. Même en ville, certains secteurs sont mal desservis. Mais il appartient aussi aux citoyen(ne)s de faciliter leur transport en se logeant à proximité de leur lieu de travail, ou à tout le moins près d'un trajet direct pour le déplacement. À l'heure de la lutte contre les changements climatiques, résider à Mascouche et travailler chaque matin au centre-ville de Montréal, par exemple, est un choix à proscrire.

L'industrie pétrolière prend les consommateur(trice)s par les couilles grâce à leur dépendance, c'est indéniable. Mais ils et elles n'aident pas leur cause non plus. L'effort à faire pour réduire la consommation d'essence personnelle est faisable et ne peut venir que de soi. La ridicule idée de loi du ministre Claude Béchard pour forcer les entreprises pétrolières à justifier les hausses ne changera rien à la situation: comme le disait Jean Lapierre lorsqu'il était ministre fédéral des Transports, ce n'est pas l'intervention d'un gouvernement local qui pourra changer les cours mondiaux du pétrole. Enfin, excepté peut-être les gouvernements membres de l'OPEP...

Seule solution, adapter ses habitudes et diminuer sa consommation. N'en déplaise aux orgueilleux.

Je suis d'accord avec ceci :

Je suis d'accord avec ceci : le seul moyen de faire baisser le coût de l'essence est d'en diminuer sa consommation, et l'action d'un gouvernement local n'aura pas d'impact réel. Puisqu'on consomme malgré le prix élevé de l'essence, les pétrolières n'en voient que du bénéfice ; ce sont quand même des entreprises, pas des oeuvres humanitaires. Quant à justifier les hausses, les pétrolières n'ont qu'à donner des raisons bidons : que se passera-t-il ensuite ? Les consommateurs ne seront pas content ? Le gouvernement ne sera pas content ? Et après ? La population va consommer quand même...

Par contre, j'ai écarquillé les yeux en lisant qu'il appartient aux citoyens de se loger près de leur lieu de travail. Ça veut donc dire que si je change d'emploi, je dois déménager pour habiter plus près de mon nouveau job ? Ou encore chercher un job près de chez soi ? Hum...

Sans tenir compte des

Sans tenir compte des pépins de la vie... ouais. En plein ça. Entendons-nous que par se loger à proximité du lieu de travail, je ne parle pas nécessairement d'habiter à deux coins de rue. Mais le transport vers le travail est une de nos plus importantes consommations en énergie, que l'on utilise la voiture ou le transport en commun. Le fait de se rapprocher du lieu de travail a donc un impact bénéfique sur l'environnement. En plus de nous offrir plus de temps à nous pour nos occupations personnelles, puisqu'on prend moins de temps pour se déplacer.

Évidemment je sais que ce n'est pas possible pour tous à cause des problèmes que ça peut engendrer (changement d'école pour les enfants, etc). Mais je vois ça comme un geste à accomplir lorsque les conditions le permettent.