La loi 33 ne s’appliquera pas à tous

La Presse Canadienne
Cyberpresse
25 janvier 2008

Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, dit vouloir sonner le glas des zones grises en santé. D'ici juin prochain, les cliniques qui offrent des soins spécialisés devront donc avoir tranché: ou bien elles choisiront d'intégrer le réseau public, ou bien elles s'en détacheront complètement.

Pourtant, les firmes de courtage et les cabinets privés qui offrent des soins de base n'auront pas à se conformer à cette nouvelle règle et pourront continuer à compter dans leurs rangs des médecins participants et non participants, selon ce qu'a appris Le Devoir.

À l'heure actuelle, on compte entre 75 et 100 cliniques privées qui pratiquent des activités dites spécialisées, par exemple des chirurgies des sinus ou de la rétine. Or la loi 33 est formelle: pour continuer à opérer, celles-ci devront désormais obtenir un permis qui en fera des centres médicaux spécialisés (CMS). Le cas échéant, ces cliniques auront des comptes à rendre à Québec en choisissant une fois pour toutes leur camp de manière à assurer l'étanchéité complète entre le public et le privé dans le réseau de la santé.

Les principales intéressées ont toutes reçu un ultimatum en début d'année, y compris la clinique RocklandMD, celle-là même qui a signé un contrat de service avec l'hôpital du Sacré-Coeur, à Montréal.

Mais la loi a beau ratisser large, elle n'en compte pas moins quelques échappatoires qui feront en sorte que la cohabitation restera toujours possible au Québec.

L'étanchéité promise par le ministre Couillard dans tous les centres spécialisés comptera aussi une exception de taille, soit le Centre métropolitain de chirurgie plastique (CMCP), à Montréal, au sein duquel des médecins participants prêtent régulièrement main-forte aux médecins non participants en place pour faire des chirurgies plus complexes. Son statut d'hôpital privé met en effet ce centre à l'abri de la loi, a convenu Philippe Couillard.

À l'heure actuelle, 120 spécialistes et une soixantaine d'omnipraticiens sur plus de 16 000 médecins ont choisi de travailler en marge du réseau public. Avec les verrous prévus par la loi 33, le ministère de la Santé s'attend à ce que ce nombre ne change pas beaucoup.

http://www.cyberpresse.ca/article/20080125/CPACTUALITES/80125019/1019/CP...